
L'Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté (AFAR) est à l'origine de la Semaine Mondiale pour l'Accouchement Respecté (SMAR). Depuis sa création en 2003, cette association organise régulièrement de très nombreuses manifestations en faveur du respect de la naissance.
Cette année, le thème de la Semaine est la césarienne.
Des professionnels, des associations et des particuliers mettent l'accent sur le nombre inquiétant de césariennes partout dans le monde et plus particulièrement dans les pays occidentaux. En France ce taux est proche des 20%, il n'était que de 10% en 1981. Pire, chez les primipares (accouchant donc pour la 1ère fois) le taux est de près de 25%.
La moitié des césariennes sont programmées plusieurs jours ou semaines à l'avance, ce qui signifie que l'on ne laisse parfois même pas le choix à la parturiente.
L'Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté (AFAR) organise une nouvelle Semaine Mondiale pour l'Accouchement Respecté dans le but d'exprimer un engagement commun à travers une grande mobilisation en faveur du respect de la naissance.
Est-il normal que les femmes accouchent allongées sur le dos, les pieds dans des étriers ?. Cette position artificielle adoptée par la médecine moderne au détriment de toutes les lois naturelles est dénoncée par les membres de lAFAR, qui précisent quelle est de plus en plus décriée par les professionnels de santé eux-mêmes.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), aucune donnée ne justifie d'encourager la position allongée sur le dos () les femmes devraient être libres de choisir, et encouragées à le faire, la position quelles préfèrent pour l'accouchement. () Il paraît préférable d'éviter les périodes prolongées en position dorsale.
Pour le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF), il paraît possible de conseiller largement les positions verticales lors de lexpulsion, tout en étant vigilant sur le risque hémorragique.
La liberté de position et de déambulation pendant l'accouchement permet de minimiser la douleur, de faciliter la progression du bébé et de protéger le périnée. Comment y parvenir ?
Le programme des événements en France et en Belgique francophone est disponible en ligne sur le site consacré à l'événement.
Chaque année, la SMAR devient un peu plus internationale et on note cette année une mobilisation très forte en Argentine, au Brésil, en Espagne, au Portugal et en République Tchèque. Les textes de présentation de la SMAR sont d'ailleurs disponibles en plusieurs langues sur le site.
L'un des thèmes préférés de l'AFAR est celui de la "naissance respectée". Lobjectif de la démarche MBFI/Naissance respectée est de valoriser les personnes et de promouvoir les lieux de naissance respectueux des femmes, des hommes et de leurs bébés (Voir la charte et le questionnaire dévaluation)
L'idée de Naissance respectée se déclinera de multiples manières pendant la Semaine mondiale. Il s'agit en premier, pour les usagers des services de maternité, de réaffirmer une exigence de qualité au moment où les établissements de santé subissent une politique de rentabilité économique inadaptée aux spécificités de l'obstétrique. La tarification à l'activité , notamment, ne tient pas compte de l'ensemble des activités supports du processus global de prise en charge qui s'inscrivent dans le cadre des missions de santé publique et constituent un des axes prioritaires de la politique périnatale. Ces activités ne peuvent être mesurées quantitativement au travers des actes médicaux et des séjours hospitaliers.(2) De nombreux services de maternité, comme plus généralement les services publics de proximité, sont donc menacés de fermeture par absence de fiabilité économique . Début 2006, la France métropolitaine compte environ 670 maternités pour 774 000 naissances en 2005, soit 1150 naissances en moyenne par site. L'Allemagne voisine aurait 1071 maternités pour 690 000 naissances, soit 644 par maternité.(3)
Un des nombreux aspects pervers de la nouvelle politique gestionnaire est une prise en charge éclatée des femmes et des nouveau-nés, aux antipodes du suivi global auquel elles ont droit. (Voir la discussion aux EGN 2006). La qualité de la préparation et de l'accompagnement des naissances dépend dramatiquement du nombre et de la qualification des personnels au service des femmes en couches. Pour cela, les usagers soutiennent les revendications des sages-femmes : augmentation du numerus clausus à l'entrée des écoles (qui devrait aussi prendre en compte la diversité des modes de prise en charge, cf. par exemple la politique du National Health Service au Royaume-Uni), réévaluation du diplôme de sage-femme et intégration véritable de la formation dans le cursus universitaire français un diplôme de master, pas une simple équivalence, cf la mobilisation des étudiants.
Le troisième volet de la démarche Naissance respectée sera le respect de la liberté de choix du lieu d'accouchement. Alors que les pays du nord de l'Europe, qui affichent les meilleures statistiques périnatales, sont aussi ceux où existent de véritables maisons de naissance (plus dune centaine en Allemagne) et où les sages-femmes peuvent accompagner sans difficulté les accouchements à domicile, la France entretient une attitude frileuse le plus souvent hostile face aux demandes dune fraction croissante de la population. La Semaine mondiale sera l'occasion de réaffirmer publiquement que la reproduction humaine est en premier lieu un phénomène social. Le point de vue médical ne devrait pas s'imposer comme seul point de référence dans la mesure où plus de 80% des accouchements ne nécessitent aucune intervention. (Les effets iatrogènes des interventions inutiles cf. les recommandations de l'OMS devraient être prises en compte dans l'évaluation des risques.) La SMAR 2007 sera donc l'occasion dun débat public sur les projets de maisons de naissance et la pratique de l'accouchement à domicile, qui ont déjà fait l'objet de nombreuses études prouvant leur bien-fondé et leur sécurité (voir la compilation MdN et AAD publiée par lAFAR sur ce sujet). Visitez le site de l'association ici http://www.smar.info
