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La vaccination des enfants

En conférant une protection quasi absolue contre de nombreuses infections, la vaccination est devenue un rouage essentiel de la santé publique. Pourtant, en dépit des nombreuses campagnes d'information, nombre de parents demeurent rétifs. Un chiffre devrait pourtant suffire à les convaincre : plus trois millions de personnes dans le monde sont sauvées chaque année grâce à la vaccination…

Vacciner son enfant est important pour le protéger de maladies graves. Il est bon de ne pas oublier que c’est un acte de solidarité, qui permet d'améliorer le niveau de santé de toute une population. Si certains parents peuvent se permettre de ne pas (plus) vacciner leurs enfants, c’est parce que des millions d’enfants le sont chaque année. Le dernier exemple récent est la tuberculose (BCG). Les campagnes de vaccination du passé contre cette terrible maladie permettent aujourd’hui de ne plus vacciner systématiquement. Peut être dans quelques années reviendrons nous à une vaccination générale.

Enfin, quelque soit votre sentiment sur le sujet, voici en détails, la liste des vaccins, obligatoires ou non, pour nos chers petits et pour nous adultes.

Les principaux vaccins


Les vaccinations constituent un des moyens essentiels de prévention de nombreuses maladies infectieuses et virales. Elles protègent votre enfant et réduisent le risque d'épidémies pour toute la population. Certaines sont obligatoires, d'autres seulement recommandées. Pour chaque vaccin, il est important de respecter le nombre d'injections et de ne pas oublier pas les rappels.

Quand et contre quelles maladies vacciner votre enfant ? Voici quelques éléments de réponse…

Dès le premier mois

Le BCG (Bacille Calmette et Guérin)
La vaccination contre la tuberculose n'est plus obligatoire pour l’entrée en collectivité (halte-garderie, crèche, école, assistante maternelle…). Mais elle reste indiquée chez enfants exposés ou à risque (En Ile-de-France et en Guyane, ou chez ceux qui ont séjourné ou dont les parents vienne de pays ou sévit encore la tuberculose ).Les enfants non vaccinés et jugés à risque, peuvent bénéficier du BCG jusqu'à l'âge de 15 ans.

A partir de deux mois

Diphtérie - tétanos - polio (DTP)
Ce vaccin, obligatoire, s’effectue en trois injections à un mois d’intervalle. Il doit être effectué avant les 18 mois de l’enfant. Le premier rappel est obligatoire un an après la troisième injection, les suivants se feront tous les cinq ans.

Coqueluche
La vaccination est recommandée à partir de deux mois en trois injections, à un mois d’intervalle, en association avec le DTP et Haemophilus influenzae b. Un rappel est à effectuer un an plus tard, puis entre 11 et 13 ans.

Anti-haemophilus influenzae b
Ce vaccin, qui empêche l’apparition de certains types de méningites chez l’enfant, est conseillé à partir de deux mois, en trois injections à un mois d’intervalle. Il est souvent associé à la vaccination DT Coqueluche Polio. Un seul rappel doit être réalisé, un an après la troisième injection. Il est inutile d’effectuer des rappels au-delà.

Hépatite B
Le vaccin contre l'hépatite B peut être injecté à partir de deux mois (sauf dans le cas des enfants nés de mère antigène HBs positif, chez qui elle doit être faite à la naissance) en trois injections (deux injections à un mois d'intervalle, la troisième 5 à 12 mois après la première. Il existe depuis quelques temps une polémique sur l'éventuel risque (extrêmement faible), chez l'adulte, de maladie neurologique associée à cette vaccination. Ce risque n’existe pas chez le nourrisson dont la myéline n'est pas encore formée. Les effets positifs du vaccin sont tels en terme de vies sauvées que la vaccination reste très fortement conseillée chez les enfants.

On le trouve maintenant combiné avec le DTP mais aussi seul.

Pneumocoque
Le pneumocoque constitue chez les enfants de moins de 2 ans, la première cause de mortalité par infection bactérienne communautaire et la première cause de méningite bactérienne. Il est recommandé de vacciner tous les nourrissons dès l’âge de 2 mois (1ère injection à 2 mois, les 2ème et 3ème se faisant à 1 mois d’intervalle à 3 et 4 mois). La dose de rappel est administrée entre 12 et 15 mois pour garantir une protection à long terme.

Vers 12 mois

Rougeole - oreillons - rubéole
Cette vaccination est recommandée pour les garçons comme pour les filles. La vaccination contre la rougeole peut être pratiquée plus tôt, à partir de neuf mois, pour les enfants vivant en collectivité, suivie d’une re-vaccination six mois plus tard en association avec les oreillons et la rubéole. En cas de menace d’épidémie dans une collectivité d’enfants, on peut vacciner tous les sujets exposés à partir de neuf mois. Cette vaccination peut être pratiquée même si l’enfant à déjà eu l’une de ces maladies.
Le carnet de santé de votre enfant vous aide à tenir à jour le calendrier de vaccinations. Il constitue la mémoire médicale de son état de santé. Il pourra vous être réclamé notamment lors de l’entrée de votre enfant à la crèche ou à l’école.

La gastro-entérite
Une nouvelle arme permet aujourd’hui de prévenir la gastro-entérite : la vaccination. Le premier vaccin est sorti fin mai 2006 : Rotarix ®. Celui-ci permet de protéger 70 % des bébés en deux doses buccales administrées à 15 jours d’intervalle. Il est important de faire la vaccination avant le 6e mois pour protéger contre les gastro-entérites graves : vers 2, 3 ou 4 mois. Son prix est extrêmement élevé : 68,90 Euros la dose et il en faut deux, non remboursé en plus par la sécurité sociale bien que la demande de remboursement soit en cours d'étude. Le cout du vaccin est assez élevé car il y a une démarche éthique pour le laboratoire : il s’agit de faire payer plus cher dans les pays riches, pour le rendre plus accessible dans les pays pauvres. Il est vrai que là-bas l’accès au vaccin est primordial, pour prévenir les centaines de milliers de décès du à la gastro-entérite.

L’autre vaccin est sorti lui en janvier 2007 : le Rotateq, lui aussi sous forme buvable. A la différence du Rotarix qui ne concerne qu’une seule souche de virus, celui-ci protège contre 5 types différents, portant ainsi la protection à plus de 90 %. Les études cliniques effectuées auprès de plus de 70 000 nourrissons ont montré que le vaccin était très bien toléré et qu'il réduisait les formes sévères de la maladie et les hospitalisations qui y sont liées de 98%. Sans parler de la sévérité, ce sont 75 % des gastro-entérites (graves et moins graves) qui sont prévenues par le vaccin. Les effets secondaires sont rares, on constate parfois une petite fièvre, des diarrhées et des vomissements. Seul bémol, il vaut un peu plus de 50 euros... là encore non remboursés par l'assurance maladie.

Attention, dans tous les cas, les vaccins ne protège pas totalement les bébés, et les virus concernés ne sont pas responsables de toutes les gastro-entérites : bébé vacciné a quand même un risque de faire des diarrhées aiguës.

Vaccin contre le papillomavirus
Le vaccin contre le papillomavirus, le Gardasil ® permet de protéger contre le cancer du col de l'utérus. Il doit être fait avant une éventuelle exposition au virus, c'est-à-dire avant le début de la vie sexuelle. Il est ainsi recommandé chez toutes les filles à l'âge de 14 ans. Un rattrapage est proposé à toutes les jeunes femmes de 15 à 23 n'ayant pas eu de rapports sexuels, ou au plus tard dans l'année de leurs premiers rapports.

Vaccin contre la grippe
Le vaccin contre la grippe est recommandé aux plus de 65 ans et aux personnes à risque tel que le personnel médical, des crèches et des écoles. Il ne protège malheureusement pas contre toutes les formes de grippes mais sa couverture vaccinale est large.

Les autres vaccinations



Avant de partir dans un pays tropical, renseignez-vous sur l'état sanitaire du pays pour adapter au mieux la couverture vaccinale de votre enfant. La mise à jour du calendrier vaccinal (DTCoq Polio, Hib, Hépatite B, Rougeole-Oreillons-Rubéole, BCG) est capitale et certaines vaccinations peuvent même être faites plus précocement. C'est le cas de la rougeole (à partir de 9 mois), n'oubliez pas que cette maladie peut être très grave. Le BCG peut également être avancé et pratiqué dès la naissance de même que l'hépatite B. Les vaccinations suivantes peuvent être à réaliser avant de partir :

La typhoïde
L’infection se fait par une bactérie ingérée dans l’eau et les aliments crus, contaminés par des personnes malades. Elle se traduit par de fortes fièvres, des maux de tête et des diarrhées. Chaque année, 17 millions de cas sont recensés dans le monde et 600 000 personnes en décèdent. Le vaccin est efficace 2 à 3 semaines après l'injection. Les enfants peuvent être vaccinés à partir de 2 ans.

L'hépatite A
Après une période d’incubation de 3 à 5 semaines, les symptômes de cette infection virale qui s’attaque au foie se manifestent, semblables à une grippe accompagnée de douleurs abdominales et parfois d’une jaunisse. Elle est souvent sans symptôme chez l’enfant. Dans de rares cas de complications, elle peut entraîner la mort. Le vaccin doit être fait au moins 15 jours avant le départ avec un rappel 6 mois plus tard pour étendre la protection à 10 ans. Pour les nourrissons de moins d’1 an, on recommande l’utilisation d’immunoglobulines, efficaces 4 à 6 mois. La vaccination peut être pratiquée à partir de l'âge d'1 an.

La méningite à méningocoque
Cette infection bactérienne épidémique se transmet par le nez et la gorge. Les enfants en bas âge y sont particulièrement sensibles. La mortalité est relativement importante : sur près de 500 000 personnes touchées chaque année dans le monde, 50 000 en décèdent. Parmi ceux qui se rétablissent, 15 à 20 % connaîtront des séquelles neurologiques. La maladie se manifeste par une fièvre forte et soudaine, une raideur de la nuque (attention elle est absente chez les nourrissons), des nausées, des éruptions cutanées, accompagnées dans les cas extrêmes de délires et coma en l'absence de traitement. Le vaccin est déconseillé avant l'âge de 18 mois. En cas de nécessité (contact avec un malade atteint), cette limite peut être ramenée à 6 mois. Ce vaccin est administré en une seule injection, la protection commence dix jours plus tard et dure environ quatre ans.

La rage
Disparue dans nos pays, on oublie que cette infection est mortelle à 100 % sans un traitement rapide. Elle provoque une inflammation du cerveau et de la moelle épinière. Les voies respiratoires sont les premières atteintes, puis survient un état de grande agitation qui précède la paralysie. C’est ensuite le coma, puis la mort.

Le vaccin antirabique peut être injecté avant la morsure de l’animal enragé ou après, mais sa disponibilité dépend du pays et de la région dans lequel on se trouve. Le nombre de décès annuels par an est évalué entre 40 000 et 70 000, mais près de 10 millions de personnes reçoivent le vaccin a posteriori. Selon l’OMS, "entre 30 et 60 % des cas de rage chez l’homme se produisent chez l’enfant de moins de 15 ans". Habitués à caresser des animaux domestiques, les enfants ne se méfient pas forcément et les accidents, morsure ou petite griffure peuvent se produire. La vaccination est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l'âge de la marche.

L’encéphalite japonaise
Elle se rencontre fréquemment dans le sud-est asiatique. Transmise par les moustiques, elle provoque une inflammation aiguë du cerveau et de la moelle épinière. D’où la nécessité de mettre des manches longues et d’adopter une moustiquaire dans sa chambre. La personne atteinte est prise de maux de tête, d’une forte fièvre, de tremblements, de convulsions, puis tombe dans un coma. Elle peut entraîner le décès chez 10 % à 25 % des malades et des séquelles neurologiques dans 30 % à 50%. La vaccination est possible chez l'enfant à partir de l'âge d'1 an (entre 1 et 3 ans : demie dose).

L’encéphalite à tiques
Elle se rencontre dans les régions boisées de l'Europe de l'Est, mais le risque est relativement faible si le séjour est inférieur à quelques semaines. Le port de vêtements à manches et jambes longues doit alors suffire. La vaccination est possible chez l'enfant à partir de 3 ans. Jusqu'à 16 ans, une demie dose sera utilisée lors de la première injection.

La fièvre jaune
Les moustiques transmettent cette maladie virale. Après une phase d’incubation d'une semaine, le malade ressent une fièvre soudaine, des maux de tête, des douleurs musculaires, des nausées et des vomissements. Au bout quelques jours, les symptômes disparaissent pour revenir dans les 24 heures avec de possibles hémorragies, le rein fonctionne moins bien, la mort survient alors dans les 2 semaines. D'après l'OMS, 200 000 personnes seraient concernées chaque année et 30 000 en décèderaient. Il n'existe pas de traitement spécifique. La vaccination est donc vivement indispensable pour tout séjour dans une zone intertropicale d'Afrique ou d'Amérique du Sud, même en l'absence d'obligation administrative. Les enfants peuvent être vaccinés dès 6 mois.

Vaccination contre la varicelle : la fin de craintes injustifiées ?
Officiellement recommandée aux États-Unis depuis 1995, la vaccination contre la varicelle reste en France l'objet d'un débat assez vif.
Les craintes françaises concernaient trois points :

Le possible décalage vers l'âge adulte de la maladie. Actuellement, aucune observation de ce type n'a été observée aux Etats-Unis, mais la couverture vaccinale doit être élevée pour éviter ce phénomène ;

Une augmentation de l'incidence du zona due à la circulation réduite du virus empêchant les "rappels naturels". Aucune augmentation du nombre de cas dans aucune tranche d'âge n'est actuellement observée Outre-Atlantique ;

La varicelle des vaccinés survient dans une très faible proportion des cas, presque toujours bénins. Echec de la vaccination, baisse de l'immunité au fil des années… ce phénomène pourrait justifier une stratégie vaccinale à 2 doses (chez l'enfant comme chez l'adulte). Mais l'efficacité d'un tel schéma reste actuellement à démontrer.

La varicelle en France représente 6 à 700 000 cas et 8 à 14 décès par an. Reste à déterminer sous quelle forme et pour qui : pour les nourrissons avec un rappel, pour les enfants de 10 ans n'ayant pas eu d'antécédents ou sous la forme d'une intégration de ce vaccin au vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole).

Un calendrier vaccinal pas toujours respecté


Seul un peu plus d’un tiers des médecins interrogés disent respecter les recommandations du calendrier vaccinal, les généralistes étant meilleurs élèves que les pédiatres (44,9 % contre 25,8 %). Si le pourcentage d’enfants vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la polio et l’haemophilus Influenzae b frôlent les 100 %, les vaccinations contre la tuberculose, la rougeole, les oreillons, la rubéole et l’hépatite B connaissent en revanche des adaptations beaucoup plus fréquentes de la part des médecins. A l’âge de 2 ans, près de 84 % des enfants ont reçu les injections de BCG et contre le ROR, des taux a priori satisfaisants qui peuvent néanmoins encore être améliorés.


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